Pas romantique d'amour là, romantique d'union avec la nature, romantique des souffrances à la jeune Werther, romantique l'ancêtre d'emo. Romantique avec un R majuscule.
Au cégep, je trippais solide sur Kirsten Dunst dans Virgin Suicides, si jeune, si fraiche, si belle... si morte. À l'université, je regardais aussi en boucle la scène de suicide de l'amoureuse secrète dans Rules of Attraction. L'idée de vouloir s'enlever la vie m'en semble une de respect pour la vie, d'affirmation de soi : je décide que la vie, c'est pas ça, que ma vie vaut mieux que ce qu'elle est, alors je la rend. Quelle beauté. Quel ode à la perfection.
J'oserais jamais, mais je suis jaloux.
On insiste tellement pour convaincre les gens de rester en vie, pour les aider, on croit nous-même en notre jugement qui nous dicte que la pensée suicidaire n'est pas ce qu'elle est, qu'elle est plutôt un cri d'alerte, un état de détresse temporaire. Compose le numéro mon gros, on va t'aider nous-autres.
On brise la sélection naturelle.
La mort est l'ultime ennemi pour la plupart des gens. Les gens chanceux. Les autres n'ont même pas le droit d'y penser, encore moins d'en parler : essayez d'écrire à quelqu'un que vous avez envie, parfois, de balancer votre corps au bout d'une corde pour que votre crâne se fracasse sur un bloc de béton et répande son précieux contenu un peu partout.
Essayez.
L'image m'obsède; sa violence m'envoûte. Quelle réaction aurait cette personne qui me trouverait pendu/overdosé/encastré dans un poteau de téléphone? Qu'est-ce qu'on dirait de moi en parlant au passé? Qui pleurerait, qui crierait, qui rirait? Après combien de temps l’œil magique cesserait-il de percevoir un mouvement, une vie, pour finalement éteindre la lumière sur mon corps froid et moite? Je suis nostalgique de ce que je semblerais avoir été si j'étais suicidé.
Le fantasme de ma propre mort tragique est d'ailleurs probablement le plus grand signe chez moi d'un narcissisme incurable.
Vous n'êtes pas à la hauteur.
Tschut! Faut pas le dire...
Ces choses qu'il vaudrait mieux garder pour soi
vendredi 23 août 2013
samedi 17 août 2013
Faut pas le dire que la fille morte est conne
Y'a une fille qui est morte écrasée par le métro parce qu'elle est tombée entre deux wagons alors qu'elle croyait viser la porte.
En textant.
Son cri était à faire peur, mais on n'a rien vu, tout le monde s'est regardé et personne n'a tiré le frein d'urgence. Ça doit être un enfant...
Non, c'est une conne qui texte sans regarder ce qu'elle fait et qui en meurt.
Dans la vie, on peut être con. Pas dans la mort. Être con, avoir des défauts, être insupportable, c'est quelque chose de réservé aux vivants. On respecte davantage les morts, on leur réserve un ton solennel, une mémoire sélective, une réserve convenue. Qu'est-ce qui arriverait si on appliquait la même formule aux vivants? Paix sur Terre ou hypocrisie ambiante?
Et son copain là, au bout des ondes, sa cousine, sa best, son père, la personne qui était plus importante que de regarder devant elle en marchant, l'interlocuteur virtuel, il dira quoi en 140 caractères aux obsèques de la conne?
"C'est moi, l'autre con"?
Vous me jugez parce que je l'appelle "la conne" alors qu'elle est une pauvre fille victime d'un accident bête qui aurait pu arriver à n'importe qui d'entre nous.
Justement. Nous sommes tous des cons. Vous êtes cons.
En textant.
Son cri était à faire peur, mais on n'a rien vu, tout le monde s'est regardé et personne n'a tiré le frein d'urgence. Ça doit être un enfant...
Non, c'est une conne qui texte sans regarder ce qu'elle fait et qui en meurt.
Dans la vie, on peut être con. Pas dans la mort. Être con, avoir des défauts, être insupportable, c'est quelque chose de réservé aux vivants. On respecte davantage les morts, on leur réserve un ton solennel, une mémoire sélective, une réserve convenue. Qu'est-ce qui arriverait si on appliquait la même formule aux vivants? Paix sur Terre ou hypocrisie ambiante?
Et son copain là, au bout des ondes, sa cousine, sa best, son père, la personne qui était plus importante que de regarder devant elle en marchant, l'interlocuteur virtuel, il dira quoi en 140 caractères aux obsèques de la conne?
"C'est moi, l'autre con"?
Vous me jugez parce que je l'appelle "la conne" alors qu'elle est une pauvre fille victime d'un accident bête qui aurait pu arriver à n'importe qui d'entre nous.
Justement. Nous sommes tous des cons. Vous êtes cons.
vendredi 16 août 2013
Faut pas le dire que j'ai écrit à mon ancienne fuck friend
J'adore ma blonde, j'adore le sexe avec ma blonde.
Mais criss que j'm'ennuie de l'autre.
Ce sont deux filles très différentes, et puis ça importe peu au bout du compte. Je les aime. J'aime sincèrement ma blonde et mon ancienne fuck friend. J'ai juste été un peu cave à la base de ne pas sortir avec mon ancienne fuck friend. Ou pas. Je les aime, toutes deux, d'amours sincères.
Là, c'est sûrement une question de saison, mais j'ai le feu au corps pis ma blonde ne me suffit plus. D'abord, elle a ses moments où on oublie ça, et puis j'ai mon propre beat de gars crotté pas fin qui aime le cul (elle préfère dire "obsédé", j'assume).
C'était pas vraiment prévu, mais j'ai ouvert mon ordi un matin pis l'autre s'est connectée en même temps que moi au chat (j'ose pas écrire clavardage, pis "chat" fait félin un peu, I'm screwed) et on a commencé à discuter innocemment. Comme deux innocents. Y faisait chaud, j'ai ouvert le ventilateur, j'ai rêvé à ses fesses en lui demandant des nouvelles sur sa job.
C'est elle qui a commencé : "Est-ce que je suis la seule à être complètement en feu juste à t'écrire? Ça fait deux ans, mais j'ai l'impression que c'était hier qu'on se voyait dans ton mini appart sur St-Jean..."
J'étais déjà bandé, mais cette décharge électrique là m'a achevé.
On s'est écrit du pas-propre jusqu'à ce que ma blonde revienne de travailler tard en soirée.
Vous aurez pas de détails.
Mais criss que j'm'ennuie de l'autre.
Ce sont deux filles très différentes, et puis ça importe peu au bout du compte. Je les aime. J'aime sincèrement ma blonde et mon ancienne fuck friend. J'ai juste été un peu cave à la base de ne pas sortir avec mon ancienne fuck friend. Ou pas. Je les aime, toutes deux, d'amours sincères.
Là, c'est sûrement une question de saison, mais j'ai le feu au corps pis ma blonde ne me suffit plus. D'abord, elle a ses moments où on oublie ça, et puis j'ai mon propre beat de gars crotté pas fin qui aime le cul (elle préfère dire "obsédé", j'assume).
C'était pas vraiment prévu, mais j'ai ouvert mon ordi un matin pis l'autre s'est connectée en même temps que moi au chat (j'ose pas écrire clavardage, pis "chat" fait félin un peu, I'm screwed) et on a commencé à discuter innocemment. Comme deux innocents. Y faisait chaud, j'ai ouvert le ventilateur, j'ai rêvé à ses fesses en lui demandant des nouvelles sur sa job.
C'est elle qui a commencé : "Est-ce que je suis la seule à être complètement en feu juste à t'écrire? Ça fait deux ans, mais j'ai l'impression que c'était hier qu'on se voyait dans ton mini appart sur St-Jean..."
J'étais déjà bandé, mais cette décharge électrique là m'a achevé.
On s'est écrit du pas-propre jusqu'à ce que ma blonde revienne de travailler tard en soirée.
Vous aurez pas de détails.
jeudi 15 août 2013
Faut pas le dire que j'fais une dépression
En général, le matin, ça va. Le matin, tout est frais et nouveau, tout peut bien aller, je fais des listes de tâches qui ne s'accompliront probablement pas, je bois mon café fait avec ma machine expresso de bourgeois et je le déguste le sourire aux lèvres, j'me gratte la poche en face de la porte arrière, baigné dans un rayon de soleil. Je prends une douche. Je me touche. Je me recouche.
Erreur.
Je me réveille l'après-midi et je n'ai envie de rien. En fait, je mangerais un gros tas de sacs de chips, je boirais un 2 litres de Coke Zero en regardant des séries toute la journée, mon chat gras comme seule compagnie, ma bedaine de bière comme seul achievement.
J'ferais rien, fuck all rien pantoute, comme dirait l'autre.
Ma mère s'inquiète. Ma blonde veut que j'aille voir un psy.
Le problème avec ma dépression, c'est qu'elle se pointe en plein été, pendant les vacances, pendant que tout va bien au paradis des gens en congé, dans une année pleine de travail, d'argent, d'amour, de sexe, rien à signaler, rien à dépresser.
Le problème avec ma dépression, c'est qu'elle s'amplifie au fil de la journée qui s'étire, qu'elle devient plus grosse que ma volonté au tic-tac des whatever qui rythment tout ça, et que je finis la soirée un peu saoul à me demander ce que je fais sur la terre en passant un autre niveau à Candy Crush.
Un réveil Fun., un coucher Radiohead.
Ça me fait chier. Ça vous plaît.
Erreur.
Je me réveille l'après-midi et je n'ai envie de rien. En fait, je mangerais un gros tas de sacs de chips, je boirais un 2 litres de Coke Zero en regardant des séries toute la journée, mon chat gras comme seule compagnie, ma bedaine de bière comme seul achievement.
J'ferais rien, fuck all rien pantoute, comme dirait l'autre.
Ma mère s'inquiète. Ma blonde veut que j'aille voir un psy.
Le problème avec ma dépression, c'est qu'elle se pointe en plein été, pendant les vacances, pendant que tout va bien au paradis des gens en congé, dans une année pleine de travail, d'argent, d'amour, de sexe, rien à signaler, rien à dépresser.
Le problème avec ma dépression, c'est qu'elle s'amplifie au fil de la journée qui s'étire, qu'elle devient plus grosse que ma volonté au tic-tac des whatever qui rythment tout ça, et que je finis la soirée un peu saoul à me demander ce que je fais sur la terre en passant un autre niveau à Candy Crush.
Un réveil Fun., un coucher Radiohead.
Ça me fait chier. Ça vous plaît.
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