Y'a une fille qui est morte écrasée par le métro parce qu'elle est tombée entre deux wagons alors qu'elle croyait viser la porte.
En textant.
Son cri était à faire peur, mais on n'a rien vu, tout le monde s'est regardé et personne n'a tiré le frein d'urgence. Ça doit être un enfant...
Non, c'est une conne qui texte sans regarder ce qu'elle fait et qui en meurt.
Dans la vie, on peut être con. Pas dans la mort. Être con, avoir des défauts, être insupportable, c'est quelque chose de réservé aux vivants. On respecte davantage les morts, on leur réserve un ton solennel, une mémoire sélective, une réserve convenue. Qu'est-ce qui arriverait si on appliquait la même formule aux vivants? Paix sur Terre ou hypocrisie ambiante?
Et son copain là, au bout des ondes, sa cousine, sa best, son père, la personne qui était plus importante que de regarder devant elle en marchant, l'interlocuteur virtuel, il dira quoi en 140 caractères aux obsèques de la conne?
"C'est moi, l'autre con"?
Vous me jugez parce que je l'appelle "la conne" alors qu'elle est une pauvre fille victime d'un accident bête qui aurait pu arriver à n'importe qui d'entre nous.
Justement. Nous sommes tous des cons. Vous êtes cons.
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